Le dernier saut de Fernand PENTIER dit Féfé !

Résultats de recherche d'images pour « fernand pentier »A toi l’ami souriant !

Ce samedi 18 octobre 2008 matin vers 7 heures tu auras tenté son dernier saut. Toi le sportif complet, le musicien, le mélomane, l’historien du sport guadeloupéen, l’homme si généreux et souriant.

Ce samedi soir au moment de la veillée à Basse-Terre, pendant les prières, nous étions tous encore une fois sous le charme de ton éternel sourire.

Tant de souvenirs autour de toi, qu’il n’est guère possible de les citer tous ou même de les énumérer. Celui-ci peut-être :

C’était il y a très longtemps ! Un dimanche matin trois voitures s’ébranlent en convoi de la Pointe-à-Pitre pour une longue expédition vers Saint-Claude. But de l’expédition : rencontrer nos « Cousins » de la haut.

Le chemin était nouveau pour moi le Saint-Martinois nouvel immigrant et j’avais les yeux ouverts très grands… et nos parents nous enseignaient de tout et de rien… le morne Miquel, la longue ligne droite à travers la mangrove, le pont de la gabarre franchi pour la première fois… (et c’est un pont tournant qui un jour refusa de se refermer ! la catastrophe)… la Lézarde (et ses gabarres qui transportent la canne vers l’usine d’Arboussier, et le premier des grands pont métalliques venus tout droit des usines Effel)… Petit Bourg et son maire Avocat et éditorialiste au Nouvelliste (C’est ici qu’arrivait le bateau qui faisait la traversée entre les deux îles avant le pont de la rivière salée… et Boby le requin qui suivait en montant et en descendant) Goyave (et son Curé spécialiste des gerberas)… Soudain nous baissons deux fois la tête pour passer sous le pont Sainte-Catherine…Et Sainte-Marie le lieu d’accostage de Christophe Colomb. et c’est bientôt l’Ilet Pérou (l’origine de la famille)(Sa petite forêt de filaos, son pont où passe aussi la loco que nous irons barrer au moment de la récolte) l’allée du manoir et sa jolie haie de palmiers royaux… la halte est obligatoire pour se dégourdir les jambes mais surtout laisser souffler nos trois berlines qui vont affronter le morne salé… (non pas la petite côte de saline qui mène à Mare-Gaillard… Non ! salée avec ses nombreux virages et sa forte pente. Et là juste dans la montagne des chutes du Carbet que Christophe Colomb aperçu de Marie-Galante)… Trois-Rivières (et en face les Saintes et tout au fond la Dominique)… Si je raconte tout cela c’est bien parce que ce fut la vérité de la découverte de la Guadeloupe proprement dite, la Basse-Terre et cette matinée fut pour moi inoubliable.

Mais voici le champ d’ARBAUD et Dame Soufrière qui ne fumait pas encore et encore la montagne que dis-je le mur de Saint-Claude… Et au terme de ce long voyage notre arrivée juste à temps pour prendre le punch (pas les enfants) nous faisions la découverte de nos cousins de Saint-Claude aussi nombreux que nous…

Et nos Parents Historiens et Géographes deviennent soudain Généalogistes pour expliquer les liens et les souvenirs de la Famille. Il ne nous a pas fallu grand temps pour ne plus nous perdre dans cette forêt de prénoms. Ce fut alors ma première rencontre avec toi et son éternel sourire.

Bien plus tard, j’appris à mieux te connaître et à découvrir tes multiples facettes d’homme au service de tous… Sportif complet pour ainsi dire décathlonien avant l’heure ton nom perdura longtemps sur les tablettes des records de la Guadeloupe : Course à pieds, saut en hauteur, saut à la perche, saut en longueur. Tu pratiquais tous les sports collectifs et bien entendu le Football sous le maillot du Cygne Noir de Basse-Terre ; tu jouais « demi » et tes exploits sur la place de la victoire sont gravés dans les mémoires.

Tu nous as laissé une foultitude de petits opercules comme par exemple celui qui décrit par le menu l’œuvre sportive du Gouverneur Général Félix ÉBOUÉ.

Tu étais en fait un passionné : tu avais la Passion des archives, la Passion de l’histoire, la Passion de la poésie et de la Musique, la Passion de la nature, en bref la Passion des Hommes que tu invitais sans cesse à « jouer le jeux » et mieux encore à « jouer collectif ».

Et toujours ce désir de communiquer aux autres, ton savoir. Tous ceux qui un jour ou l’autre se sont aventurés à écrire sur le sport en Guadeloupe sont venu te voir pour solliciter quelques bribes d’informations que tu offrais alors si généreusement.

Généreux encore, pour donner de ton temps et tenir conférence et haranguer des auditoires nombreux venues t’écouter. Ce samedi soir l’auditoire était triste de ton dernier saut.

Un dernier mot pour toi l’ami de nos Grands Académicien de l’ACRA, aujourd’hui tous disparus.

 OU TE BIEN E TOUT MOUN !

Et ce texte écrit le 28 juillet 1971 par Don Helder CAMARA le Curé de Récif :

Ne pleure pas
les rythmes qui apparemment se perdent
rythmes des vents
des eaux
du frémissement des arbres
du chant des oiseaux
du mouvement des astres
du pas des hommes…

Il y a toujours un musicien
ou un poète
ou un saint
ou un fou
chargé par Dieu
de capter
les rythmes errants
qui risquent de se perdre. 

Merci d’avoir capté pour nous les rythmes, tous les rythmes de ton cœur. 

Post-scriptum :

Avant de poster cet article sur mon BLOG, j’ai reçu deux appels de condoléances, deux longs appels qui m’ont encore raconté un peu de toi… Le Lycée Carnot, la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul, tes permanences musicales du samedi après midi à la Clinique des Eaux Vives, la formidable équipe dirigeante du Cygne Noir et son stade construit de vos mains, Félix ÉBOUÉ, un peu notre OBAMA, Le relais des bains jaunes, La biguine et ton immense amour de la poésie et de la musique, le carnaval, et le saut à la perche qui m’a offert ce titre curieux…  et surtout ton extraordinaire capacité à susciter l’amitié de tous…

Un commentaire sur “Le dernier saut de Fernand PENTIER dit Féfé !

  1. Salut l’ami

    J’avais déjà lu ta publication, et je viens juste de la relire et cela me fait toujours plaisir, surtout que chaque fois que je discute avec des gens qui ont connu papa, ils disent exactement la même chose que toi, à savoir la gentillesse, la générosité et le sourire permanent.
    C’est ce dernier point qui me plaît le plus, car il n’a pourtant pas connu que de belles choses dans sa belle vie, globalement…. Merci encore

    Féfé

    J’aime

Laisser un commentaire