Droits de Port et Panier de la Ménagère en Guadeloupe !

Retour sur un petit incident : 

Maintenant que le soufflet retombe et que la Guadeloupe essaye de se redonner du courage pour reprendre la route, il faut bien, une dernière fois j’espère, revenir sur les petits détails de ce long, trop long, blocage de notre petit pays.

Au tout début de ce mouvement (j’ai peine à dire grève) un des acteurs annonça que la SARA ne payait pas de droits de port ! Le président du Conseil d’Adminitration du Port Autonome de la Guadeloupe (l’excellent Gil THEMINE) un instant déstabilisé fit répondre, deux jours après, par son Directeur Général (l’excellent Laurent MARTENS) que la SARA payait au centime près ce qu’elle devait.

Cette réponse péremptoire aura clos l’incident ! Et on ne parla plus de droit de port dans ces revendications. Cependant il faut savoir que les droits de port sont percus par le service financier des Douanes et reversé au Port en un virement unique. Il n’y a (avait, car celà aura pu changer) à ma connaissance que le Port Autonome de Marseille qui aura pu obtenir le sous détail de cette recette. Vous comprendrez aisément que la déclaration du Directeur Général est basée sur une confiance absolue faite à un autre partenaire qui seul pourrait confirmer le paiement effectif des droits. Mais je ne mets pas en doute cette déclaration de Monsieur MARTENS. 

Puis le fameux accord des 200 Euros fut signé justement dans la salle du Conseil d’Administration de ce noble établissemnt qui aura rendu de bons et loyaux services à la Guadeloupe.

La mauvaise répartition des droits de ports en Guadeloupe :

Sauf que le Port Autonome de la Guadeloupe commet depuis toujours une très grave injustice envers le panier de la ménagère de la Guadeloupe.

Le problème est simple : la structure des droits de port de la Guadeloupe est sans doute unique au monde (je n’ai pas dit inique) : elle se répartie en

  • 20 % des droits sur les navires et
  • 80 % sur les marchandises.

Je ne tiens pas compte des prélèvement faits par l’état au titre des frais de recouvrement. Ce taux mériterait d’être explicité car il est fait à la source. Nous ne doutons pas que ces sommes soient la juste rémunérations des Gabelous ; encore faudrait-il conaître son montant.

Je ne tiens pas non plus compte des recettes passager, qui sont relativement faibles.

L’exemple le plus proche de nous, en terme de ventilation des droits de Port, est celui de Fort de France pour lequel les droits sont 64 % pour les marchandises 32 % pour les navires et 3 % pour les passagers ; le prélèvement de l’état est de 2 % du montant total de la recette.

Lorsque je me suis étonné de ce fait, le Directeur Général (l’excellent André COMBEAU paix à son âme) me rétorqua que c’était volontaire et que celà permettait de faire venir plus de bâteaux en Guadeloupe.

Chaque année, je revenais à la charge en indiquant que le système mixte GUADELOUPE – MARTINIQUE, lié par la Conférence Atlantique, conduisait à ce que la Guadeloupe paye en sus l’équivallent de 30 % du montant des Droits de Port ; ces droits sont à quelques milliers de Francs (maintenant Euros) près du même ordre de Grandeur dans chaque île.

J‘arrive à convaincre André COMBEAU qui accepte de présenter au Conseil d’Administretaion du Port, (présidé par l’excellent Monsieur Jean RIVIER) une décision votée à l’unanimité et qui demande au Directeur Général du Port de bien vouloir procéder au rééquilibrage des droits de port Marchandises et Navires et celà sur un délai de 5 ans.

Deux évènements vont empécher la réalisation de cette mesure. La conteneurisation et une demande parfaitement justifiée des bananiers de réduction des drois sur les tonnages exportés. Ajouté à celà la décision d’une réduction de 50 % des redevances pour le Port de Basse-Terre.

Bilan de cette affaire : au lieu de se réduire l’écart entre droits de port marchandises et droits de port navire augmenta : 75 points au moment du premier diagnostic 80 % un peu plus tard.

Je n’ai malheureusement pas les chiffres actuels permettant d’illustrer ce que j’avance, mais je ne doute pas que les services du Port Autonome de la Guadeloupe puisse les fournir.

A l’époque je chiffrais cette ponction dans la panier de la ménagère de Guadeloupe en équivallent Lycées ou Collèges ; c’est dire leur importance.

Je demande à Monsieur DOMOTA de ne pas relancer le blocage de la Guadeloupe à cause de cette PWOFITATION là. Mais il aura sans doute la curiosité, puisqu’il se rend chaque jour au Port Autonome, de solliciter les chiffres et de les faire examiner par ses propres experts ; n’a-t-il pas dans ses rangs un excellent Douanier !

Il découvrira aussi comment cette tarification d’un autre âge est particulièrement mal adaptée aux listes douanières, au mode de conditionnement actuel et au panier de la ménagère. A l’époque l’un des soucis principaux de celui qui était en charge de l’élaboration de cette tarification, votée chaque année en Conseil d’administration, était d’arrondir les centimes des prix unitaires. (C’était je m’en souviens un ancien Douanier). Il n’avait ni le temps ni les moyens de contrôler l’impact des décisions prises par le Conseil d’Administration. 

En conclusion :

Le Port qui bouge et qui dispose du meilleur terminal multifonction de la caraïbe, se fera un honneur de rassurer la Ménagère de Guadeloupe sur le bien fondé de sa politique en matière de Droits de Ports et par la même occasion de me contredire ; j’en serais fort aise, constatant alors que les graînes semées il à 15 ans auront germées et portées leurs fruits.

Post scriptum :

A la lecture de ce texte, plusieurs personnes ont eu la franchise de me dire qu’elles n’avaient rien compris. Il n’est en effet pas très facile d’exposer ces éléments qui sont éloignées de nos préoccupations habituelles. Alors c’est que je me suis mal exprimé. L’essentiel est de savoir que Le Conseil d’Administration du Port avait lui compris cette anomalie et donné des consignes, jamais suivies d’effet, de rééquilibrage des droits de port entre Marchandise et Navires. Posé le problème c’est le résoudre !

Mes excuses à ceux dont j’ai cité le nom dans ce texte. Je les considère comme des rouages importants de notre communauté et qui ont pendant cette crise été un peu trop « shuntés » à mon goût. 

2 commentaires sur “Droits de Port et Panier de la Ménagère en Guadeloupe !

  1. Il n’est pas facile d’expliquer simplement le différence entre un droit de port « navire » et un droit de port « marchandise ». Le premier est payé par l’amateur qui le répercute dans le prix du fret. Le second est payé directement par le client final quand il vient récupérer sa marchandise sur le port.
    En Martinique la répartition était de 50 – 50 dans les années 90 elle est maitenant de 60% pour le navire et 40 pour la marchandise.

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