“Vous êtes Béké ? Moi, je suis Nègre ! Et alors ? Donnons-nous la main, et marchons dans la même direction.” Aimé CESAIRE à Roger de JAHAM !

Précisions sur les békés de la Martinique.

Hier, 16 avril 2008, M.Roger de Jaham, a prononcé une très intéressante conférence sur les békés de la Martinique, devant
la Loge Rectitude et Fraternité, affiliée à l’obédience franc maçonne du Grand Orient de France, dont le vénérable Maître est actuellement M.Henri-Julien EUGENE.
 

Ce texte apporte de très utiles précisions sur un milieu social que certains ont volontiers tenté de poser comme le bouc émissaire, cause  de tous les problèmes qui peuvent affecter, actuellement, les départements de Martinique et de Guadeloupe. EB.

(Roger de Jaham). Exposé du 16 avril 2009
 

Je tiens tout d’abord à remercier votre honorable assemblée de m’accueillir parmi elle ce soir ; et je remercie en particulier mon ami du lycée Schoelcher, Henri-Julien EUGENE, que je ne connais que sous le diminutif amical et fraternel de « Rico », de m’avoir accordé ce grand honneur.
 

D’ailleurs, Rico, de nous être rencontrés et réciproquement appréciés sous les auspices de cet homme illustre qu’était Victor SCHOELCHER, n’était-ce pas déjà un signe fort, tant son oeuvre libératrice reste pour nous, Martiniquais, bien évidemment très symbolique ?  

Si j’ai accepté de me livrer ainsi, devant vous, à cet exercice plutôt inhabituel de présentation de l’une des composantes de la mosaïque ethnique qui constitue la communauté martiniquaise, c’est parce que je suis absolument convaincu que la compréhension et l’entente ne peuvent venir que d’une meilleure connaissance de l’Autre. Les barrières tombent en effet lorsque l’on se connaît.

À l’occasion des graves conflits sociaux qui ont récemment sévi aux Antilles, certains n’ont pas hésité à désigner les Békés comme étant les principaux « profiteurs » du système économique, les accusant en particulier de détenir la quasi-totalité de l’économie, et de pérenniser des monopoles ; ceci traduit soit une réelle méconnaissance du tissu économique antillais, soit une volonté affichée de trouver de bien commodes boucs émissaires aux problèmes de société qui se posent à nous tous. Il semble donc nécessaire, à l’occasion de cette tribune que vous m’offrez, de tenter de détruire différents mythes ou clichés qui ont vraisemblablement permis de créer ce que l’on pourrait qualifier d’immense malentendu, qui a contribué à alimenter un lourd ressentiment à l’égard des Békés, cette composante de la population martiniquaise à laquelle j’appartiens.

À la Martinique, comme vous le savez, on appelle « Békés » les descendants des colons européens implantés dans l’île depuis plusieurs générations, certaines familles s’étant établies dès le début du XVII° siècle. D’une façon générale, ces colons étaient issus de toutes les couches de la population française, puisqu’on y trouvait aussi bien des cadets de famille, que des aventuriers ou même des « engagés » ou « 36 mois », recrutés en Europe pour défricher et mettre en valeur les îles. La plupart des colons anoblis l’ont été sur place, au XVIII° siècle, pour services rendus au royaume.

Du milieu du XVII° siècle jusqu’en 1848, les Antilles ont utilisé une population esclave déracinée d’Afrique. Ce schéma de développement économique était alors généralisé à l’ensemble des colonies européennes de la zone Amérique-Caraïbes. Principaux acteurs économiques de cette période, les colons, ancêtres des Békés actuels, ont de ce fait eu recours à cette main-d’oeuvre asservie pendant près de deux siècles, participant ainsi à ce crime contre l’humanité.

Au cours des XIX° et XX° siècles les Békés se sont reconvertis dans l’industrie, puis dans le commerce. Au fil des ans, de nombreuses familles de colons ont d’ailleurs quitté les îles pour retourner en France, plusieurs patronymes ayant de ce fait disparu. On estime aujourd’hui que les Békés seraient au nombre de 1.500 à 2.000 personnes à la Martinique, mais aucune statistique officielle ou sérieuse n’a cependant été établie. 

Crises financières et revers de fortune ont toujours marqué la vie des hommes, et les Békés n’ont pas échappé à cette règle. De sorte que la plupart des familles békées ne sont pas parvenues à transmettre à travers les ans la propriété des exploitations agricoles, celles-ci ayant été progressivement vendues, ou encore démembrées par les héritages successifs. En fait, absolument aucun propriétaire d’aujourd’hui ne détient ses terres des premiers lots de la colonisation ; et très peu d’exploitations sont restées la propriété d’une même lignée familiale plus de 3 générations d’affilée. Or, certaines familles atteignent 10, voire 12 générations de présence à la Martinique.
Prenons l’exemple d’une exploitation de 200 hectares transmise par différentes successions sur 4 générations, chaque génération comportant 4 enfants :

  • · 1ère génération : 1 seul propriétaire de 200 ha,
  • · 2ième génération : 4 propriétaires de 50 ha chacun,
  • · 3ième génération : 16 propriétaires de 12,5 ha chacun,
  • · 4ième génération : 64 propriétaires de seulement 3,13 ha chacun !

Généralement, au bout de la 3ème ou de la 4ème génération, les membres de la famille, éparpillés et sans intérêt économique avec l’exploitation agricole, demandent leur sortie de l’indivision et généralement un des indivisaires, membre de la famille, rachète tout ou partie de l’exploitation. Par ailleurs, de vastes propriétés comme la Dillon et le Lareinty ont été progressivement cédées aux collectivités, pour répondre aux besoins pressants de l’urbanisation.

En fait, le modèle économique de l’habitation sucrière, caféière ou cacaoyère, qui avait existé jusqu’à la première moitié du XIX° siècle, a disparu vers 1850, et la plupart des propriétaires ont été amenés à céder leurs terres, l’introduction de la machine à vapeur et la constitution des usines centrales ayant imposé la formation de vastes domaines fonciers attachés, pour permettre à l’usine d’obtenir une unité économique viable. Mais les crises sucrières successives ont eu raison des grandes habitations ainsi établies, et qui ont toutes été de nouveau démembrées à partir des années 1960. Ainsi, entre 1960 et la période actuelle, la grande propriété (celle de 100 ha et plus) est passée de 60% de la SAU (Surface agricole utilisée) à 22% de la SAU ; celle de 10 à 100 ha est passée de 25% à 35 % de la SAU ; enfin, celle de moins de 10 ha est passée de 15% à 43% de la SAU. Ces chiffres indiquent bien une mutation importante et une forte accession à la propriété des terres agricoles.

La Martinique compte de nos jours 194 exploitations de plus de 20 ha pour une SAU totale d’environ 13.000 ha, soit une superficie moyenne de 68 ha par exploitation, dont 80% de terres réellement cultivables, le reste étant constitué de ravines, de bois, de traces, etc. Le prix d’un hectare de terre agricole exploitable est actuellement de 7.500 € ; la valeur d’une propriété de 68 ha, dont 50 ha de terres exploitables, est donc de 375.000 €, soit tout juste celle d’une confortable villa, ou encore celle de 200 m² de bureaux dans une zone commerciale au Lamentin. Ce qui fait qu’un planteur pourra vivre honorablement de sa terre, mais ne deviendra jamais un millionnaire.

Enfin, pour clore ce chapitre, faut-il rappeler que les plus gros propriétaires fonciers du Diamant, des Anses-d’Arlet, de Sainte-Anne, du Morne-Rouge, notamment, et de bien d’autres communes de la Martinique, ne sont pas des Békés, bien qu’ils soient Martiniquais ? De plus, les plus grandes exploitations agricoles de l’île n’appartiennent pas à des natifs d’ici : il s’agit en particulier des 2.000 hectares du Galion à Trinité, propriété d’une famille métropolitaine descendante d’Émile BOUGENOT, des 1.500 hectares des rhums DEPAZ à Saint-Pierre, qui dépendent du groupe métropolitain CAYARD, et des 800 hectares de Trois-Rivières à Sainte-Luce, propriété du groupe réunionnais Quartier Français.

Concernant maintenant le cliché attribuant une part largement majoritaire de l’économie aux Békés, Lilian THURAM, remarquable footballeur mais visiblement piètre économiste, n’a pas hésité à affirmer que ceux-ci détiendraient pas moins de 90% des entreprises ! La vérité est à l’évidence bien en-deçà, et la démonstration en est très rapide : en effet, outre le fait que le poids de la fonction publique a considérablement augmenté dans notre pays, il faut se souvenir que des pans entiers -et non des moindres- de l’activité économique antillaise sont passés entre d’autres mains au cours des cinquante dernières années. Et les Békés demeurent totalement absents de secteurs importants, voire stratégiques, comme les médias, l’aménagement de la maison, les télécommunications, les assurances, les banques, le traitement des déchets, les cliniques. Même la canne, le sucre et le rhum, ces symboles agroindustriels martiniquais, sont aujourd’hui détenus à 70% par des sociétés métropolitaines et réunionnaises.

Un autre critère peut permettre d’appréhender le poids des Békés dans l’économie martiniquaise, celui du nombre de salariés dans les entreprises : ainsi, entre le public et le privé, environ 110.000 personnes ont un emploi à la Martinique ; il a été dénombré qu’environ 5.000 d’entre elles (soit moins de 5% du total) seraient salariées dans des sociétés détenues par des Békés. À ce propos, il convient d’ailleurs de préciser que le premier employeur privé de la Martinique est le groupe PARFAIT avec 1.200 salariés, tandis que le groupe HAYOT arrive en seconde position et qu’un Réunionnais d’origine se positionne à la 3° place, avec 900 salariés.

Enfin, dans la grande distribution, secteur ô combien mis en accusation ces dernières semaines, seuls 2 hypermarchés sur 8 sont détenus par une famille békée, dont le chiffre d’affaires ne représente que 13% (13% !) de parts de marché. Dans la distribution alimentaire de taille moyenne, seuls 15 établissements sur 80 appartiennent à des Békés, soit seulement 19% du total.

En matière d’emploi, il est intéressant de souligner ici l’attitude du Groupe Bernard HAYOT : à Destreland en Guadeloupe, 15 cadres sur 21 sont des Antillais, cependant qu’à Carrefour Dillon 10 cadres sur 16 sont des Antillais. Ces chiffres, qui parlent d’eux-mêmes, reflètent d’ailleurs la situation de l’encadrement dans la quasi-totalité des groupes békés.

Quant aux « monopoles » dénoncés avec force par beaucoup, les seuls existant à ma connaissance seraient la SARA, la Poste, la CMA-CGM, sociétés ne relevant pas des Békés.

Même si le poids économique des entreprises appartenant à des Békés reste encore substantiel au regard de la faible importance numérique de ces derniers, il est flagrant que ce poids n’a cessé de s’amenuiser au fil du temps, pour représenter aujourd’hui moins de 10% du PIB des Antilles. Cela traduit d’ailleurs le dynamisme économique des autres composantes de la population (Noirs, Indiens, Métis, Métros, Chinois, Syro-libanais, etc), qui, de leur côté, n’ont cessé de monter en puissance depuis un demi-siècle. En définitive, l’économie martiniquaise appartient à ceux qui travaillent et qui investissent. Ce qui donne bien évidemment tort à Lilian THURAM, qui ne s’est même pas rendu compte que, d’une part, il offensait toute la population non-békée en lui attribuant seulement 10% de l’économie, et que, d’autre part, il condamnait au désespoir tout jeune Martiniquais souhaitant créer son entreprise.

Les Békés constituent de nos jours un groupe social antillais extrêmement hétérogène, puisqu‘ils se retrouvent dans toutes les catégories socio-professionnelles : ils sont médecins, avocats, chirurgiens, experts-comptables, chefs d’entreprises, cadres, agriculteurs, notaires, architectes, professeurs et instituteurs, marins-pêcheurs, industriels, commerçants. Et contrairement aux idées reçues, la vérité est que certains Békés sont aujourd’hui Smicards ou Rmistes. Leurs situations financières respectives reflètent d’ailleurs bien cette grande diversité.

Comme toute minorité existant au sein d’un ensemble plus important, les Békés ont eu tendance à vivre repliés sur eux-mêmes, au point qu’ils aient été accusés « d’endogamie » et de racisme. Si l’on ne peut nier totalement ces tendances héritées de la période esclavagiste – le racisme étant la seule justification du maintien en captivité des esclaves-, on doit cependant reconnaître une rapide évolution de ce groupe vers une ouverture réelle et visible, en particulier au cours des 50 dernières années.  

C’est pourquoi je voudrais tenter de vous transmettre ici la véritable détresse vécue par les familles békées tout au long de ces dernières semaines de conflits, et qui est encore loin d’être apaisée : en effet, comment décrire autrement leur ressenti face aux attaques violentes et répétées, souvent à caractère racial, dont elles ont été l’objet, et devant les accusations honteuses dont elles restent la cible privilégiée, y compris de la part des plus hautes instances de l’Etat ? Comment auraient-elles pu vivre autrement que dans la douleur et l’affliction, l’extrême solitude et l’abandon ressentis par elles devant le fait que très peu de bonnes consciences se sont manifestées pour dénoncer les agressions racistes qu’elles ont subies et qu’elles subissent toujours, notamment de la part de certains médias ?

Mais j’aurais beau égrener des chiffres et procéder à toutes sortes de démonstrations, les malaises suscités autour des Békés relèveraient apparemment du ressenti, de l’intuitif, pratiquement de l’atavisme, et non pas de la vérité ou de la logique. C’est la raison pour laquelle la société békée oeuvre de façon déterminée à une clarification des choses, et procède à une démarche de rencontre et de rassemblement. Ainsi, dès 1998, année du Cent cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage, plus de 400 Békés avaient pris l’initiative de signer et de publier un texte intitulé “Nous nous souvenons”, qui prônait de déclarer l’esclavage comme étant un crime contre l’humanité ; nous étions trois ans avant la loi TAUBIRA. De même, en 2005, une délégation significative et représentative de Békés s’était rendue pour la première fois à Fort-de-France, en accord avec le député-maire Serge LETCHIMY, afin d’y commémorer publiquement le 22-Mai, ce jour où l’esclave s’est libéré. Dans le cadre de cette démarche, je mets sans cesse en garde la composante békée contre la tentation qu’il y aurait à vouloir balayer d’un revers de main les souffrances des descendants d’esclaves : celles-ci sont profondes et réelles, le temps ne les ayant pas encore effacées, loin de là. Et même si les Békés d’aujourd’hui ne peuvent être tenus pour responsables des crimes de leurs ancêtres, il n’en reste pas moins qu’ils en sont la représentation vivante.

Au lieu de chercher à démontrer que « tout ça » est ancien, que les Africains ont également participé à ce crime, qu’il faut savoir tourner la page et que l’esclavage perdure toujours de par le monde, je les invite à tenter de comprendre l’Autre, cet Autre qui est notre voisin de tous les jours à la Martinique, et avec qui nous devons vivre ensemble, en acceptant ses souffrances.

L’association “Tous Créoles !” à laquelle j’ai le très grand honneur de contribuer, participe totalement à cette démarche, et se donne pour ambition de contribuer à l’édification d’une communauté martiniquaise apaisée et affranchie de tout sectarisme, et d’oeuvrer afin de permettre aux composantes de cette communauté d’apprendre à mieux se connaître et à se respecter, ceci dans leurs différentes singularités. Et pour m’encourager à forcer le pas dans cette voie, je garde en mémoire ce message d’Aimé CÉSAIRE à mon intention, qui me disait : “Vous êtes Béké ? Moi, je suis Nègre ! Et alors ? Donnons-nous la main, et marchons dans la même direction.”   Merci de votre très cordiale attention.
Roger de JAHAM
15/04/2009

Après avoir le texte de Roger de JAHAM transmis par un autre Louis COLLOMB (il a sans doute de bonnes raisons de me passer ce texte), je voudrais aussi témoigner de la véritable détresse vécue par toutes les familles antillaises autour de moi tout au long de ces dernières semaines de conflits. Comme le dit Monsieur de JAHAM, et je le constate encore maintenant, cette détresse est encore loin d’être apaisée : les attaques violentes et répétées, souvent à caractère racial, dont ont été l’objet les Békés, les Blancs créoles, les blancs france et les accusations honteuses dont ils restent la cible privilégiée, y compris de la part des plus hautes instances de l’Etat ; ces attaques et ces accusations ne sont dignes ni de la Guadeloupe, ni de la France.

Alors en plagiant CESAIRE nous devons simplement dire : nous sommes blancs, nous sommes noirs, nous sommes mulatres, nous sommes indiens, nous sommes siro-libanais, nous sommes autres, nous sommes créoles, nous sommes patrons, nous sommes employés… donnons nous la main et travaillons ensemble pour notre pays.

6 commentaires sur ““Vous êtes Béké ? Moi, je suis Nègre ! Et alors ? Donnons-nous la main, et marchons dans la même direction.” Aimé CESAIRE à Roger de JAHAM !

  1. Monsieur,
    je ne vous connais pas, mais je devine les sentiments qui vous animent… C’est à moi donc à tenter de vous convaincre qu’il faut savoir les surmonter pour construire ensemble quelque chose pour la Guadeloupe et nos enfants.
    Le chemin est long, mais c’est le premier pas qui coûte.
    Jean-Claude HALLEY

    J’aime

  2. Faut-il considérer que la France est à l’origine du Nazisme sous prétexte qu’il y a eu des collaborateurs sous le régime de Vichy ?

    De la même manière, évitez de considérer que, sous prétexte qu’il y ait eu quelques chefs Africains (somme toute minoritaires) qui ont collaboré (mais avaient-ils le choix?) que les Africains sont coresponsables de l’esclavage.

    Tous créoles ? Tous pareils ? Cela n’arrivera jamais, moi je prône au contraire le sectarisme et le comunautarisme si bien commencé et maintenu par les békés, mais j’irai plus loin, la véritable délivrance sera dans moins de békés, moins de blancs, moins de juifs, moins de syro-libanais.

    Ne vous fourvoyez pas, la guerre n’est pas finie, nous ne nous aimons pas et sommes loin de boire le ‘ti-punch’ ensemble.

    Main dans la main pour le pays? Là je rigole, encore faut-il que le nègre puisse saisir la main de tous ces privilégiés qui, hors de portée du haut de leur piédestal, ne la leur tend même pas, ne serait-ce que pour leur donner un sentiment d’égalité.

    C’est la guerre! Prendre de force ce qui vous est refusé, alors que légitimement mérité!

    Détresse des béké entendais-je ? Pov’ choux, ils ont vraiment de quoi nous faire pleurer dans nos chaumières, ils souhaiteraient quoi en plus de tout posséder, être vénérés, adulés, et pourquoi pas vouloir qu’on leur dise ‘mewci bwana’ tant qu’on y est ?

    Dernier point avant de vous quitter sur vos chialeries, le drame c’est qu’après plus de trois siècles de présence et alors que minoritaires, vous soyez toujours blonds aux yeux bleus (je vous l’accorde certains sont un peu châtain…)!

    Ki fè, jou la an ké vwè béké de koulè an mwen, jou la sa an ké ka kouté jérémiad aw la, konnyé la fouté mwen la pé boug an mwen.

    Alors de grâce, évitons d’ajouter au cynisme l’hypocrisie.

    Tino Lino

    J’aime

  3. Voilà un commentaire plein d’ouverture d’esprit M. Tino !

    je reprends votre comparaison : Faut-il considérer que la France est à l’origine du Nazisme sous prétexte qu’il y a eu des collaborateurs sous le régime de Vichy ?

    De la même manière, évitez de considérer que, sous prétexte qu’il y a eu des Blancs esclavagistes, tous l’ont été, et le sont toujours 160 ans plus tard…

    Vous sentez mauvais le racisme et la xénophobie… dans nos iles, le progrès ne pourra se construire que tous ensemble, et non les uns contre les autres et certainement pas sur la haine et la violence, ce que vos propos semblent encourager…

    Désolant…

    J’aime

  4. Déjà Tino annonce la couleur, il est contre toutes les personnes a peau claire dans son île, les blonds aux yeux bleus, les Juifs, les Syro-Libanais et la prochaine minorité ce sera peut être les Chinois, non content de balayer d’un revers de la main smicards et rmistes, Tino en plein délire racialiste, délire fréquent a l’extrême-gauche et pas qu’a l’extrême-droite propose de purifier ethniquement son île de tout ce qui n’est pas suffisamment Noir, il oublie de dire qu’en Métropole aussi certaines communautés non Blanches ne veulent pas s’intégrées et garder leurs traits Africains dont leur peau noire de génération en génération, il y a même dans ce pays une organisation raciale appelée le CRAN, il regarde la paille dans l’oeil du Béké au lieu de regarder la poutre dans le sien.

    J’aime

  5. En lisant tout ça j’aurais presque lâché une larme…
    Il explique que c’est faux, les békés ne détiennent pas autant de l’économie de l’île ? Parce que héritage donc terres divisées et puis rachat des entreprises, et puis reconversion. Mais c’est du GRAND n’importe quoi !!!!
    Je rappelle qu’à la fin de l’esclavage les békés ont été dédommagés de la perte de leurs esclaves … Et pas les esclaves et ils ont tout gardé, terres, entreprises monopole et arrangements économiques avec Paris ( dont les Antilles subissent encore les méfaits aujourd’hui ).C’est comme si aujourd’hui un mec qui avait séquestré , torturé, et violé des femmes on le dedommageait en disant: « on te rembourse le fait que tu puissent plus assouvir tes besoins et que tu soit obligé de payer une prostitué a vie etc etc  » et qu’on se fichaient des femmes victimes. Je sais pas si vous vous rendez compte ??? Les esclaves ont du tout recommencer en partant de rien des fois sans même savoir lire ni écrire.
    Les terres qu’ils disent de plus vraiment possédées à cause des héritages c’est idem pour tout le monde. Et de plus ces terres sont souvent des terres volées. Je donne comme exemple mon arrière grand mère qui forcée avait été obligée de louer pour 10 « sous », 10 SOUS!!! Des hectares de terres à une famille de békés. La famille de beke n’a pas honore ce contrat en plus. Aujourd’hui mes oncles et tantes veulent récupérer cette terre papiers à l’appui. Que répond la famille qui a construit des villas dessus ? « Si tu la veut tu nous rembourse les maisons et les arbres fruitiers qui sont dessus. Oui c’est à vous mais de toute façon notre famille a le bras long notamment au palais de justice de la Guadeloupe donc on repoussera les démarches et les procédures et vous vous épuiserez financièrement ». C’est scandaleux et notre famille est très très loin d’être la seule. Ils ont la main sur tout et sont solidaires, ils sont difficilement touchables et les antillais le savent très bien. D’où le fait qu’on ne pardonnera pas au békés tant qu’ils continueront à profiter de leur pouvoir, de ce qui ne leur appartient pas et de leur position parce qu’ils sont très haut placés.
    Ensuite il pleure parce qu’ils ont perdu leurs entreprises, qu’elles ont été rachetées par des non békés et parce qu’ils ont été obligés de se reconvertir dans d’autres domaines plus porteurs. Si aujourd’hui vous n’avez plus ces monopoles comme vous dites c’est parce que vous n’avez pas été capable de vous renouveler, de réussir autrement que par l’esclavage, c’est pas parce que vous avez décidé de partager après l’esclavage mais bien parce que vous vous êtes fait mangés par plus fort que vous. Qu’on soit bien d’accord, si vous aviez été capable de vous maintenir, de garder vos monopoles et vos positions on vous aurait pas entendu pleurer ici. C’est pas par bonté d’âme, charité et partage, envi de tourner la page et de vivre ensemble que vous êtes dans cette situation mais bien parce que vous avez pas su vous maintenir dans un monde qui fonctionne autrement que par l’esclavage. Vous voulez Qu’on vous plaigne et qu’on travaille ensemble ? Vraiment? ou c’est parce que vous n’avez plus vraiment le choix et que vous avez vu que nous avions la force du nombre pendant les émeutes et que vous ne vous sentiez plus en sécurités dans vos belles demeures ?
    Les békés sont racistes. C’est un fait. Ils vivent entré eux d’ailleurs pourquoi ne parlez vous pas de ce qui est connu de tous comme bekeland? Cette endroit en Martinique où toutes les familles békés sont réunies et ou il ne faut pas s’attarder si vous êtes pas blanc sous peine de coup de fusil ? Si vous ne l’étiez pas, les faits sont les faits vous êtes entré 1500 et2000 békés sur 400 000 habitants…. 1ou2% de la population totale de l’ile. Depuis les années 1850 vous auriez du vous mélanger… Mais non. Parce que vous ne vous mélangez pas d’ailleurs nous l savons vous le savez et vous ne vous en cachez pas il suffit de voir le reportage de canal plus à ce sujet et comment un digne représentant des békés parle du métissage et des noirs.
    Nous ne pourrons pas travailler ensemble tant que vous continuerez à vous comporter en grand prince et à nous considérer avec mépris et à magouiller. Par la j’entend l’épisode d’une des filles de grand békés (papa à eu d’ailleurs la légion d’honneur des mains de Sarkozy…) qui s’était fait arrêté ivre et qui avait insulté les policiers de sales nègres, qu’ils n’avaient pas le droit de la toucher en tant que blanche et qu’elle s’en foutait parce qu’elle ne risquaient rien comme sa famille était bien placée … Ce qui fut d’ailleurs le cas n’est-ce pas ….
    Vous avez peur c’est tout. Peur du faire que vous savez que maigres toutes les vagues de CRS venus de métropole pour contenir la colère vous n’êtes pas en sécurité quand le peuple se révolte . Peur parce que vous vous affaiblissez. Peur et vous voulez qu’on oublie. Ça vous arrangerait bien… Ça arrangerait tout le monde qu’on oublie parce que c’est  » du passé » . Du passé pour qui ? Pour personne parce que vous profitez tjs et nous subissons toujours. Il n’y a aucune raison valable pour nous de travailler avec vous puisque vous avez, vous continuez, et vous voudriez bien continuer à profiter de votre position passée.
    Et pour finir, comment crier au rascisme aujourd’hui !!!! Comment se dire victime de rascisme quand on a créer le concept et appliqué, institutionnalisé pendant des siècles ? Quand on a été le loup tant de fois et pendant si longtemps c’est juste cynique perfide de l’utiliser comme argument quand on se dit soi disant victime pendant une révolte de quelques mois. Le racisme anti blanc n’existe pas. C’est une pure invention. Et c’est avoir un cerveau réellement malade de tenter de le prouver et de l’expliquer surtout quand c’est un békés qui s’en dit victime.

    J’aime

Répondre à Pouli Annuler la réponse.