L’autre Félix EBOUE un texte de René LADOUCEUR sur Blada.com

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René LADOUCEUR nous informe que le 10 juin prochain,
la Guyane, pays natal de Félix Eboué,
va commémorer à son tour l’abolition de l’esclavage.
Et en cette année 2009, moult cérémonies
rendent hommage à la fois
au 60ème anniversaire de l’entrée de ses cendres au Panthéon
et au 65ème anniversaire de sa mort.

Extrait du final de cet article :

Ne boudons pas notre plaisir : lorsqu’on lit Jouer le jeu, ce discours prononcé, le 1er juillet 1937, à l’occasion de la distribution des prix du Lycée Carnot à Pointe-à-Pitre, on se sent littéralement happé par l’écriture de Félix Eboué. Et même saisi par l’étrange impression d’assister au surgissement d’une pensée nouvelle, comme si ce texte, qui a déjà marqué plusieurs générations de lecteurs, était doté d’une éternelle jeunesse.

Que dit-il, ce texte ?

Que l’idéal n’est pas de choisir entre le bien et le mal, mais entre le moins mauvais et le pire pour pouvoir vivre ensemble. Ce n’est pas seulement que le monde est appelé à devenir multipolaire et la Guyane, à l’image de l’Hexagone, multiraciale et multiculturelle. C’est que la définition d’un ennemi de race étant une aberration, le problème va être de concilier l’universalité des valeurs et la diversité des cultures.

Tout le Texte sur le site suivant :

http://www.blada.com/chroniques/2009/4438-L_Autre_Felix_Eboue.htm

Et si vous voulez relire Jouer le jeu. et trouver une explication de texte ici http://halleyjc.blog.lemonde.fr/2008/12/29/jouer-le-jeu-explication-de-texte/

Discours prononcé à la Distribution des prix du Lycée Carnot,
à Pointe-à-Pitre, le 1er juillet 1937
au Cinéma-Théatre la Renaissance, Place de la Victoire.
 

A cette jeunesse que l’on sent inquiète, si incertaine devant les misères de ces temps qui sont les misères de tous les temps ; à cette jeunesse, devant les soucis matériels à conjuguer ; à cette jeunesse dont on veut de part et d’autre, exploiter les inquiétudes pour l’embrigader ; à cette jeunesse qui me fait penser à ce mot de GUYAU :

« pour connaître et juger la vie il n’est pas besoin d’avoir beaucoup vécu, il suffit d’avoir beaucoup souffert « ;

à cette jeunesse, généreuse et spontanée, n’ai-je pas le devoir, me tournant vers elle, de l’adjurer à mon tour de rester indépendante ,

N’ai-je pas pour obligation de lui dire ; ne te laisse pas embrigader, ne souffre pas que l’on t’enseigne comme suprême idéal le fait de marcher au pas, en colonnes parfaites, de tendre la main ou de montrer le poing. En l’acceptant, tu consacreras le triomphe de la lettre au détriment de l’esprit, parce qu’on t’aura enseigné que le rite tient lieu de culte.

Ne devons-nous pas conserver à cette jeunesse ses qualités essentielles : l’indépendance, la fierté, l’orgueil, la spontanéité, le désintéressement ?

Je ne résiste pas, quant à moi, au désir de vous indiquer, mes jeunes amis, une autre formule qui permet de gagner, sinon à tous les coups, mais de gagner sûrement en définitive.

« Soyez sportifs ! Soyez chics !… »

Je vous dirai : « Jouez le jeu ! »

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