Le créole c’est la vie ! longue vie au créole !

Sans que je l’eusse souhaité, j’ai assisté aux travaux du couple Guy et Marie-Christine HAZAËL-MASSIEUX sur le Créole et participé donc à l’épopée de notre langue de congrès en congrès. En ce mois 2009 du créole qui se termine donc aujourd’hui, cette petite phrase : le créole c’est la vie me trotte dans la tête et ce n’est pas la lecture du dernier article de Raphaël CONFIANT qui me fera changer d’avis.

Je ne comprends d’ailleurs pas comment se talentueux écrivain, après un tel témoignage, puisse pronostiquer la disparition de la langue créole en 2050 ou 2090. Il apporte à chaque ligne la preuve de la formidable vitalité de cette langue et la dénégation de cette hypothèse infondée.

Oui ! le créole c’est la vie ! et le créole comme toutes les langues peut mourir ! mais les conditions de cette disparition ne sont pas aujourd’hui réunies.

J’ai eu la chance de participer à la mise en place en Guadeloupe des fameux portiques à conteneurs de la pointe jarry. C’était à la réflexion ce que l’on peut appeler un transfert de technologie de la métropole vers l’outre-mer, d’un pays technologiquement au sommet vers une région pour ainsi dire sous développée. Je me souviens du soucis de nos conseillers techniques du Havre pour la Guadeloupe et de Marseille pour la Martinique de ne pas trop charger la barque… et de par exemple doubler le système de régulation électronique par une système dégradé classique. Tant en Guadeloupe qu’un Martinique les techniciens antillais ont montré leur capacité à digérer tout ce qui leur était offert comme nouvelle technologie (hydraulique, levage, électricité, électronique, ferronnerie, charpente, moteurs, freins, tambours, câbles métalliques, réducteurs, engrenages… Etonnement de nos amis de métropole, constat pour mon homologue de Fort de France et moi même que les Guadeloupéens et les Martiniquais avaient du talent et le manifestaient de belle façon… Dix ans plus tard Messieurs LEGRAS et LAYEUX reconnaissaient que nous damions le pion aux Ports de métropole dans de nombreux domaines.

Mais revenons au créole ! à cette époque, des années 80, un professeur de lettre de Baimbridge lançait cette même idée chère à Monsieur Confiant : le créole devra « baissé casaque » devant le langage technologique. J’étais donc bien placé pour constater la décréolisation de cette population de Portiqueurs venant de divers horizons de Guadeloupe. J’en parlai à Guy et rencontrai tout de suite une très grande difficulté… personne autour de moi ne voulait collaborer à cette recherche… Le travail fut donc laborieux et sans doute pas assez rigoureux pour une communication scientifique… mais globalement le créole ne disparaissait pas dans cette confrontation technologique et le génie de la langue se manifestait au contraire par des expressions savoureuses au possible !

Plus tard, confronté à des problèmes de sécurité, j’osais même contre l’avis de tous, utiliser le créole pour renouveler l’attention des uns et des autres : le fameux « véyé kô à zôt » fit le tour de la planète avec de chaleureux commentaires. Le graphiste ne sachant plus ou donner de la tête avec les 5 accents du texte posa le panneau sans les dits accents. Une véhémente délégation de Dockers vint m’interpeller sur ma manière de les considérer comme rien du tout… puisqu’ils ne comprenaient pas ce qui était écrit : veye ko a zot.

Je leur ai raconté le genèse de cette expression… le refus de mes collaborateurs tous antillais et créolophones de collaborer à la recherche de cette phrase magique sensée les protéger contre eux même et leurs mauvaises habitudes d’oublier, qui le port du casque, qui les chaussures, qui les ceintures, qui les bonnes règles… Ma séance de linguistique se transformait en rappels sécuritaires… j’avais gagné mon pari.

Dans cette même période je recevais en Guadeloupe, sur recommandation de Guy, un jeune étudiant du Nom de Ralph LUDWIG qui venait étudier le créole. Mon milieu familiale n’étant pas assez « locuteur créole » il parti vers d’autres horizons de Guadeloupe non sans m’avoir expliqué les fondements de ses recherches dont on connait aujourd’hui la réussite.

Ralph voulu absolument que je rencontre Monsieur Hector POULET. Il ne comprenait pas que nous soyons fâchés. Je n’avais aucune raison d’être fâché avec ce Monsieur qui s’était simplement ému d’un titre du France-Antilles dans lequel le journaliste avait souligné une phrase dans laquelle je disais que l’on ne pouvait enseigner le créole comme les mathématiques. Cette rencontre eu lieu à Jarry dans un restaurant de la Zone Industrielle et au moment de la sortie d’un de ses ouvrage, Hector POULET insista pour que je vienne redire ce que je disais à l’époque sur l’entrée du créole à l’école.

La petite salle du centre des Arts était pleine et l’on offrait au public pointois celui qui avait tenu tête au Recteur Juminère. Mais un autre phénomène apparaissait clairement à mes yeux : la filière économique créole… oui des emplois pouvaient naître et naissaient de l’exploitation du créole… Bonne nouvelle et les droits d’auteurs de Monsieur Hector POULET devraient s’ils étaient publiés confirmer la réalité de cette nouvelle donne  économique.

Jean-Claude HALLEY

Un commentaire sur “Le créole c’est la vie ! longue vie au créole !

  1. Le créole, même si on ne peut l’apprendre à l’école est une langue magnifiquement colorée, je l’ai apprise avec le français, et sans jamais désarmer, je l’ai transmise à mes enfants qui le parlent, nous nous amusons beaucoup tous les trois…
    Et vive le créole!

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