Je n’ai pas osé ajouté le moindre qualificatif à ton prénom Jean-Pierre, j’ai simplement utilisé ces deux lettres par lesquelles tes amis te saluaient.
Je ne connaissais pas ton église, cher JP, mais je m’y suis trouvé très bien. J’ai récité le crédo avec les tiens comme si j’étais à côté des miens. J’ai dit le notre père avec ferveur et avec les tiens comme si c’étaient les miens. J’ai écouté religieusement les paroles de l’évangile comme si je lisais dans ma propre bible. J’ai entendu le pasteur parler de Jésus exactement comme dans mon église. J’ai chanté avec tous des chants si beaux et si profonds et si justes… A toi la Gloire, tu es au cœur de nos vies… trouvez dans ma vie ta présence…
J’ai surtout apprécié l’étonnante cérémonie d’adieu organisée autour de toi. Je te connaissais si peu que j’ai été très curieux d’entendre tous ces témoignages qui ont dessiné pour moi un Jean-Pierre surprenant comme sorti de l’ombre : je comprenais soudain quelques une de tes paroles.
Et ce soir tu auras été le Jean-Pierre, technicien des plantes, mieux encore amoureux des plantes… combien de Guadeloupéens ont dans leur jardin la trace de tes mains vertes et prodigieuses.Tu auras été aussi ce soir le Jean-Pierre mélomane, et tu as été comblé : pas moins de 3 Chœurs sont venu chanter pour toi :
· les voix sombres graves et troublantes venus des Grands-Fonds avec un air exprimant notre douleur profonde sur une musique de Freidrich BENEKEN,
· les voix plus classiques venues de la Basse-Terre avec un Tibie Paiom que tu as aussi chanté ! Souviens toi : nous te chantons, nous te bénissons, nous te rendons grâce, Seigneur, et te prions, ô notre dieu…
· et celle d’un tout nouveau groupe, « Tous en Chœur » dans un air à 4 voix de Raphaël PASSAQUET Victimae paschali laudes puis le bel Alléluia de la petite filles aux allumettes de Lodovic SARDOU : ils trouvent sans doute que tu leur manques déjà toi leur fondateur.
· Caleb SEJOR dans cet air du Repentir de Charles Gounod est venu clore ce Concert de ton adieu : les paroles résonnent encore dans le cœur de tes amis venus nombreux pour toi :
Ah! ne repousse pas mon âme pécheresse
Entends mes cris et vois mon repentir.
A mon aide Seigneur hâte-toi d’accourir
Et prends pitié de ma détresse!
De la justice vengeresse
Détourne les coups, mon Sauveur!
O Divin Rédempteur!
Pardonne à ma faiblesse,
Dans le secret des nuits je répandrai mes pleurs
Je meurtrirai ma chair sous le poids du cilice
Et mon cœur altéré du sanglant sacrifice
Bénira de ta main les clémentes rigueurs.
Et Maryse ton épouse a eu le courage de te chanter cet air de Carmen, que tu aimais tant.
Mais tu as été aussi hier soir tour à tour et comme toujours le bon mari, le bon père, le Grognon au Grand Cœur, l’homme d’église, le visiteur de prison, le Jean-Pierre de la charité et de l’accueil.
Et tout en joignant ma modeste prière aux autres prières de la foule de tes amis, tout en chantant ces fervents cantiques, en écoutant ces témoignages émouvants, j’avais l’impression de me rapprocher un peu de toi.
Je sais que je perds aussi un lecteur assidu de mon Blog et je vais regretter ton opinion sur ce petit témoignage de moi à toi. J’avais bien aimé ce long texte pendant les fameux évènements du début d’année et tes commentaires de représentant de la majorité silencieuse. Oui c’est le mot juste : tu es de ceux qui ne parle pas et agissent, de ceux qui joignent le geste à l’intention, de ceux qui peuvent se prévaloir d’avoir fait autour d’eux du bien.
La mort n’est rien, je suis seulement passé de l’autre côté.
Je suis moi. Tu es toi.
Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné.
Parle-moi comme tu l’as toujours fait.
N’emploie pas un ton différent.
Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Prie, sourie, pense à moi, prie avec moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l’a toujours été,
Sans emphase d’aucune sorte, sans une trace d’ombre.
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.
Elle est ce qu’elle a toujours été : le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée ? Simplement parce que je suis hors de ta vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin.
Tu vois, tout est bien…
Ne pleure pas si tu m’aimes.
Si tu savais le don de Dieu et ce que c’est que le ciel.
Si tu pouvais d’ici entendre le chant des anges et me voir au milieu d’eux ! …
Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons et les champs éternels, les nouveaux sentiers où je marche
Si un instant tu pouvais contempler comme moi la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent… !
Quoi ! Tu m’as vu, tu m’as aimé dans le pays des ombres et tu ne pourrais
Ni me revoir ni m’aimer encore dans le pays des immuables réalité !
Crois-moi, quand un jour la mort viendra briser tes liens
Comme elle a brisé ceux qui m’enchaînaient,
Et quand un jour que Dieu connaît et qu’il a fixé,
Ton âme viendra dans le ciel où l’a précédée la mienne
Ce jour là tu verras celui qui t’aimait et qui t’aime encore
Tu retrouveras son coeur, tu en retrouveras
Les tendresses épurées.
Essuie tes larmes,
Et ne pleure pas si tu m’aimes.
Selon Saint-Augustin
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Lors du décès de Jean-Pierre BARLET, le témoignage de votre sympathie, le réconfort de votre présence ou de vos sentiments au cours de ces trois jours passés ensemble nous ont profondément touchés.
Nous vous en remercions sincèrement.
Maryse et Nathalie
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