TABLE RONDE SUR L’ARCHÉOLOGIE PRÉVENTIVE au SENAT

Très interressante table ronde au SENAT sur la’Archélogie Préventive et les actions essentielles de l’INRAP.

M. Jacques LEGENDRE, président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication

La main des législateurs ne tremble pas. Ce que nous voulons c’est un dispositif qui soit à la fois réaliste et qui garantisse qu’on ne commette pas l’erreur de laisser détruire ce que le sol peut nous apprendre et qui, à ce titre, doit être préservé. Il est vrai aussi que nous nous heurtons, nous qui sommes souvent des élus locaux, dans nos expériences quotidiennes à un certain nombre de lourdeurs ou de difficultés et que nous voulons que la loi soit applicable. C’est pour cela que, sans trembler en quoi que ce soit sur la qualité de ce qui doit être fait, nous tenons à faire le point. La table ronde d’aujourd’hui est destinée à cela.

INRAP

Avec quelque 1 800 collaborateurs et chercheurs, l’Inrap est présent sur tout le territoire métropolitain, en Guyane, Guadeloupe et Martinique.

Il est le principal intervenant en archéologie préventive sur le terrain, en zone rurale comme en milieu urbain.
Son organisation nationale, le nombre et la diversité des compétences de ses personnels font de l’Inrap un institut de recherches sans équivalent en Europe.
Sa mission scientifique allie la recherche sur le terrain aux études théoriques, qui dessinent progressivement les contours des sociétés anciennes.

Exemple d’intervention en GUADELOUPE parmi une trentaine d’opérations. L’Allée Dumanoir à Capesterre Belle-Eau.

Description

Cette opération de fouille a été réalisée à la suite d’une campagne de diagnostic et d’évaluation menée en amont de l’aménagement de la future déviation de Capesterre Belle-Eau, commune de la Guadeloupe située sur la côte au vent de la Basse-Terre. Le terrain a été décapé sur une surface de 6 800 m2 répartis en trois secteurs. Il était occupé au préalable par une plantation de canne à sucre et une bananeraie dont l’exploitation a fortement endommagé les vestiges situés en moyenne sous 50 cm de terre végétale.

Résultats
Le site a connu en premier lieu une occupation amérindienne de culture cedrosan-saladoïde (vers 400-900 de n. è.) qui se traduit par la présence de 545 trous de poteau, 65 fosses, 15 fosses à poterie et 61chablis. Cette concentration de structures en creux, notamment de trous de poteau, rend délicate toute tentative de restitution de plan de carbet, mais la présence de fosses dépotoir ainsi qu’une latrine amérindienne plaident en faveur d’un habitat semi sédentaire. Vers le XVIIe s., apparaissent les premières traces de l’activité des Européens dans le secteur de la Capesterre. Elles sont matérialisées par des labours anciens liés vraisemblablement à l’exploitation du tabac. Deux bâtiments de plan rectangulaire, construits en matériau périssable et fondés sur trous de poteau, ont également été reconnus mais leur fonction reste à déterminer. Ce site constitue une fenêtre dans la perspective de l’occupation amérindienne du secteur de la Capesterre dont les limites s’inscrivent au-delà du tracé imposé par la déviation ; mais son étude ainsi que l’analyse typo-chronologique de la céramique et les datations au C14 en cours actuellement devraient permettre de préciser, ou du moins de mieux appréhender, son évolution et son organisation spatiale.

Le compte-rendu ne dit pas si nos Sénateurs participaient à cette TABLE RONDE !

Pour en savoir plus

Le SENAT : http://www.senat.fr/rap/r09-241/r09-2411.html et

L’INRAP : http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/p-7-Accueil.htm

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