Un Cosi Fan Tutte venu de Madrid sur ARTE : une splendeur !

Magnifique Anett Fritsch dans le rôle émouvant de Fiordiligi

Ma fête de la musique en ce 21 juin 2013 s’est déroulée sur ARTE : Une relecture au scalpel du « drame joyeux’ de Mozart par le cinéaste Michael Haneke, dans une distribution remarquable, dirigée de main de maître par Sylvain Cambreling à la tête de l’Orchestre du Teatro Real de Madrid. Je m’étais laissé tenter par cette annonce, et ce fut Une fête de la musique et des yeux. 

Etonnante Kerstin Avemo dans le rôle multiple de Despina. jamais vu une caméra se concentré sur elle aussi longtemps ! Et ses mimiques, ses regards, sa désapprobation, son humour, sa gestuelle, sa voix, son génie… elle était digne de la musique de Mozart dans ce mélange de clown triste et de Pierrot lunaire cachant un cœur de Femme.
Orchestre: Orchester des Teatro Real
Librettiste: L. Da Ponte
Chef d’orchestre: Sylvain Cambreling
Chef de choeur: Andrés Máspero
Metteur en scène: Michael Haneke
Compositeur: Wolfgang Amadeus Mozart
Avec Anett Fritsch(Fiordiligi), Paola Gardina(Dorabella), Juan Francisco Gatell(Ferrando), Andreas Wolf(Guglielmo), Kerstin Avemo(Despina), William Schimell(Don Alfonso)
Nous étions très loin de cet autre COSI dont je vous avait parlé en septembre dernier.

http://halleyjc.blog.lemonde.fr/2012/09/14/cosi-fan-tutte-de-mozart-a-lopera-national-de-lyon/

Gatell(Ferrando), Andreas Wolf(Guglielmo), William Schimell(Don Alfonso)

Les deux soeurs Gardina (Dorabella) et Anett Fritsch (Fiordiligi) à l’ombre de Don Alphonso

En arrière plan de ce quinquette imaginé par Mozart et Da Ponte
la blanche silhouette de Despina

Anett Fritsch exprimant la douleur de FiordiligiIl ne fallait surtout pas manquer l’extraordinaire final du premier acte : un désordre indescriptible puis on passe de la beauté pure à la farce ! Mais Da Ponte, Mozart et Heneger nous mène à l’extase… Sans oublier les 6 personnages et l’orchestre madrilène.

Despina en Médecin vient « Mesmériser » les deux amants!

Une des deux scènes d’amour très… réalistes !

Le salut final sous les applaudissements

Et bien entendu la musique de Mozart ! 205 minutes de plaisir !

Sylvain Cambreling aura dirigé l’Orchester des Teatro Real pour accompagner les 6 personnages dans cette partition incomparable.

Michael Haneke nous a raconté l’histoire d’une déchirure.
Il place Despina au centre de l’action.
Despina n’est plus une soubrette, mais la femme de Don Alfonso.
L’on n’a plus affaire à deux, mais à trois couples.
Despina devient alors le personnage central,
L’épreuve que vivent les deux jeunes femmes,
elle l’a vécue avant et en nourrit une amertume
qui transparaît même quand elle ne chante pas

Le Cosi très cruel selon les Echos et Philippe Venturini

http://www.lesechos.fr/culture-loisirs/sorties/spectacles/0202783804152-le-cosi-tres-cruel-de-michael-haneke-569375.php

A voir ici sur ARTE TV

http://liveweb.arte.tv/fr/video/Michael_Haneke_Cosi_fan_Tutte_Mozart_teatro_real_Madrid/

Marie-Aude Roux met l’amour à mort

http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2013/05/24/a-bruxelles-haneke-met-l-amour-a-mort_3416066_3246.html

Emmanuel Dupuy sur Diapason

http://www.diapasonmag.fr/actualites/critiques/michael-haneke-met-en-scene-cosi-fan-tutte-a-bruxelles

François Lesueur pour ConcertClassic.com

http://www.concertclassic.com/journal/articles/actualite_20130604_5032.asp

Dans le Temps Jonas Pulver « Haneke et la force du hors-champ »

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/bd969228-c63c-11e2-ba47-5fc21444577b/Haneke_Mozart_et_la_force_du_hors-champ#.UcXIiDv7jg8

Sur le BLOG fomalhault la belle démonstration de David

http://fomalhaut.over-blog.org/article-cosi-fan-tutte-fritsch-wolf-dir-cambreling-haneke-madrid-115962545.html

La LIBRE avec NICOLAS BLANMONT : Et le silence qui suit n’est plus de Mozart mais de Haneke, qui signe un très beau “Cosi fan tutte”.

On gardera longtemps en tête cette image d’un rideau tombant sur six personnages se tenant par la main. Non pour saluer mais pour se déchirer : on tire, on crie, on se fait mal. Comment croire au happy end de « Cosi fan tutte » ? Comment imaginer que ces deux jeunes couples qui viennent d’éprouver leur infidélité respective (car, pas de doute ici, Guglielmo et Dorabella ne se contentent pas de flirter) vont reprendre leur vie comme si de rien n’était ? Et qu’ils ne chercheront pas, plutôt que de voir la réalité en face, se venger de Don Alfonso et Despina, accoucheurs de leurs souffrances ?
La presse espagnole a été dithyrambique ! Un des journaliste a noté la présence de ce bar où venait s’abreuver les uns et les autres !
Juste un mot de compliment à ARTE pour la qualité des images, la dextérité des caméras et la justesse des sous-titrages en Français.

4 commentaires sur “Un Cosi Fan Tutte venu de Madrid sur ARTE : une splendeur !

    1. Merci Martine pour ces deux OUI (faut-il mettre un s ?) tout plein d’émotion. Oui dès les premières note, pourtant connue de l’ouverture, je sentais quelque chose de particulier. Puis c’est le rideau qui s’ouvre sur un magnifique palais du XVIIIe siècle avec arcades et escalier monumental, dont l’intérieur est transformé en déco contemporain. La curiosité est de suite titillée avec ce mélange de tenues d’aujourd’hui et de perruques. Il suffit alors d’attendre la succession des airs si beaux imaginé par un Génie au sommet de son art. On en finirait pas de se remémorer toutes les émotions ressenties.Les acteurs sont jeunes et beau. Les scènes d’amour à la limite de la pudeur et pourtant si réelles.

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  1. Voici un Cosi qui m’a laissé sur le flanc, bouleversé par un fin cruelle. Des beaux et jeunes chanteurs talentueux ainsi qu’un duo machiavélique nous amènent inexorablement vers une conclusion très amère.
    Je l’ai enregistré et me repasse des extraits de temps en temps, pas trop, car il provoque encore chez moi des serrement de cœur douloureux.
    Mais la musique de Mozart demeure, intemporelle, aérienne et magique.

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